The Tenant of Wildfell Hall, Anne Brontë, 1847

‘This rose is not so fragrant as a summer flower, but it has stood through hardships none of them could bear: the cold rain of winter has sufficed to nourish it, and its faint sun to warm it; the bleak winds have not blanched it, or broken its stem, and the keen frost has not blighted it. Look, Girlbert, it is still fresh and blooming as a flower can be, with the cold snow even now in its petals. Will you have it?’

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Dans un petit village de la campagne anglaise, une nouvelle habitante et son jeune enfant intriguent les autres habitants. On ne connait d’elle que son nom, Helen Graham mais ce nom n’est familier pour personne. Qui est-elle vraiment ? D’où vient-elle ? Et pourquoi a-t-elle décidé de louer le lugubre domaine Wildfell Hall, qui n’est même pas complètement meublé et tombe presque en ruine ? C’est ce que le jeune Gilbert Markham va découvrir, plus ou moins volontairement.

‘It’s all these cursed women! […] They’re the very bane of the world! They bring troubles and discomfort wherever they come, with their false, fair faces and their deceitful tongues!

The Tenant of Wildfell Hall est le premier roman d’Anne Brontë que je lis. Je ne savais pas du tout à quoi m’attendre, j’avais un peu d’appréhension mais j’aime tellement ses deux autres sœurs que je me suis dit que je ne pouvais pas être possiblement déçue. J’avais donc de grosses attentes. Je n’ai pas du tout été déçue, mais alors pas le moins du monde. Pour être honnête, ce roman a même dépassé Wuthering Heights, d’Emily Brontë. Bien évidemment, il n’a pas détrôné Jane Eyre parce qu’il ne faut quand même pas exagérer, mais il s’en rapproché énormément. Ils ont d’ailleurs certains éléments en commun : des personnages forts et déterminés et des petits discours proto-féministes qui ravissent les oreilles.

Cette histoire, c’est le récit de la vie de personnages d’un roman de Jane Austen, par exemple. La rencontre, contre l’avis de la famille, un mariage d’amour et tout tourne mal. Parce que ce qui semble parfait au début de la passion peut en fait s’avérer être un vrai cauchemar.

Je suis tombée complètement amoureuse du personnage de Gilbert. C’est un personnage masculin qui est écrit par une femme célibataire, ancienne gouvernante, au XIXe siècle, et il est saisissant de réalité – ce qui ne va pas forcément de soi. Je ne suis certes pas un homme, alors je ne sais pas forcément comment ces messieurs marchent complètement, mais il m’a semblé que tous hommes décrits dans ce roman sont tous réels, et j’ai pu voir tous les personnages évoluer devant moi, presque littéralement. Pour en revenir à Gilbert, j’ai trouvé son humour délicieux grâce à ses petites remarques sarcastiques. Et puis la scène où il fouette son rival amoureux qui tombe ainsi de son cheval, m’a pliée en deux. Vraiment, j’ai eu du mal à me remettre du comique de cette scène où Gilbert laisse libre cours à ses sentiments et à ses pulsions. C’est un personnage avec lequel j’ai toujours été d’accord, tout au long de ma lecture, ou que du moins, j’ai toujours compris. Ce que j’ai vraiment aimé également, c’est le fait que ce n’est pas le gentleman victorien par excellence, qui est plus ou moins prude et qui se retient sans cesse. Au contraire, Gilbert peut être aventureux (comme quand il embrasse Eliza furtivement, alors que le père de celle-ci est sur le point de les surprendre), fougueux (il ne va pas forcément agir en suivant sa raison tout le temps, mais il ne se laisse pas pour autant tout le temps guider par ses sentiments) et d’ailleurs, il n’est pas forcément aussi religieux qu’il peut le faire croire, ou qu’Helen l’est. C’est un homme somme toute normal, mais d’autant plus respectable.

Quant à Helen, c’est un personnage absolument incroyable, semblable à Jane Eyre. Lire sur elle à travers les mots de Gilbert est un pur bonheur, même au tout début, lorsqu’ils ne se sont jamais parlés ou presque pas. Elle est mystérieuse et artiste, c’est une femme forte qui ne le cache pas. Son journal m’a moins transportée que la narration de Gilbert mais j’ai cependant trouvé ses écrits de jeunesse très réalistes au niveau des premiers sentiments amoureux. A dix-huit ans, Helen était pleine d’espoir et individuelle dans le sens où elle ne veut pas se laisser dicter sa conduite et ne veut pas ressembler à toutes les autres. Puis elle est tombée amoureuse, et là commence sa période niaise. Sa rencontre avec Huntingdon est adorable, mais petit à petit, elle devient tellement idiote concernant ce dernier qu’elle en est incroyablement agaçante. Sa personnalité apparaît de temps à autres jusqu’au dur retour à la réalité, où elle redevient complètement elle-même quand l’amour disparaît.

Ce qui m’a également marquée c’est le fait que l’amour pour les enfants et les plus jeunes qu’a Anne Brontë ressort du texte sans cesse. La façon dont elle parle du petit Arthur est toujours très touchante et attendrissante, c’était vraiment la cerise sur le gâteau, si je puis dire.

The Tenant of Wildfell Hall est une façon de montrer qu’il ne faut pas se fier aux apparences et aux belles paroles. Et surtout, en amour, les décisions hâtives sont à éviter tant qu’on n’est pas réellement sûr de connaître la personne complètement. Un propos qui, finalement, est toujours pertinent de nos jours. Mais c’est aussi l’occasion d’affirmer qu’il n’y a pas forcément qu’un amour romantique dans une vie, et que l’on ne devrait pas être obligé d’être lié à une personne que l’on n’aime plus jusqu’à la mort de l’un ou l’autre. Bien sûr, ce roman est un peu moraliste car il est très victorien, mais il est d’une réalité et d’une force incroyable qui ne peut pas laisser indifférent.

‘It is not enough to say that I no longer love my husband – I HATE him! The word stares me in the face like a guilty confession, but it is true: I hate him – I hate him!’

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