Ulysses, de James Joyce

“But it’s no use, says he. Force, hatred, history, all that. That’s not life for men and women, insult and hatred. And everybody knows that it’s the very opposite of that that is really life.”

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Ulysses raconte la journée du 16 juin 1904, telle que vécue par Leopold Bloom et Stephen Dedalus à Dublin. Chaque chapitre reprend une structure narrative particulière, toujours avec une grande partie de monologue intérieur, le roman est donc un exercice de style à part entière. Considéré aujourd’hui comme l’un des plus grands chefs d’œuvres de la littérature anglo-saxonne, il a reçu de nombreuses critiques à sa sortie en 1922 notamment pour obscénité car Joyce y dépeint la vie telle qu’elle est, dans sa plus grande trivialité, donnant ainsi un ton tout à fait réaliste à son oeuvre.

“Hold to the now, the here, through which all future plunges to the past.”

Quand j’ai refermé le roman, quelques larmes ont coulé sur ma joue. Quand je pleure devant une histoire dramatique, je pleure à grosses gouttes ; ça déborde, je renifle, je n’y vois plus rien et clairement, on dirait que j’ai perdu quelqu’un de ma famille. Mais cette tristesse-là, elle n’a rien à voir. Juste trois ou quatre larmes qui coulent, et puis terminé. Je n’ai ressenti ça que quelques fois, récemment après Mrs Dalloway, d’ailleurs. Je suis triste parce que je viens de dire au revoir à une sorte d’ami qui m’a accompagnée un moment, et qui m’a bouleversée tout du long. Et ces deux œuvres ont en commun une fin qui me laisse un goût aigre-doux en bouche. Il faut dire qu’Ulysses, ça faisait un moment que je me le traînais ; depuis février exactement. Mais il a fallu que je prenne le temps. Trop trop TROP compliqué. Peut-être que j’aurais du le lire en français… mais très franchement, je ne pense pas que cela aurait changé grand chose, à part pour le vocabulaire.Non, ce qui est compliqué ici, ce sont les structures qui changent à chaque chapitre. Et les phrases hâchées, presque déconnectées les unes des autres.

Mais alors, comment est-ce qu’on peut lire ce pavé jusqu’à la fin ? Et surtout, comment peut-on l’aimer si on ne comprend pas tout ?

Et bien déjà, pendant ma lecture, j’avais presque toujours la page de shmoop.com sur Ulysses ouverte. Si je sentais que pendant un chapitre, j’étais complètement perdue, je regardais le résumé du chapitre que j’étais en train de lire et tout devenait un peu plus clair. Enfin, je savais ce qu’il se passait, quoi. Haha !

Puis pour aimer Ulysses, il faut juste lâcher prise et accepter qu’on ne comprendra pas tout. Une fois qu’on a intégré ça (ce qui est, je le reconnais, très compliqué), on peut commencer à apprécier : la fluidité, les blagues, le choix de chaque mot, etc. Mais surtout, les sonorités ! Les sons dans ce livres sont absolument irréels. Bon, j’exagère peut-être un peu, mais on ne va pas commencer à chipoter.

Et enfin, oui, oui, OUI, le monologue intérieur, c’est vraiment une technique d’écriture que je trouve formidable. Elle rend tout beaucoup plus complexe mais qu’est-ce que c’est fascinant d’être au plus proche des personnages !

★★★★★

J’aimerais beaucoup plus parler de ce roman et de mes ressentis, mais je dois dire que je me sens un peu toute petite par rapport à cette œuvre. J’espère avoir un jour les clés pour la comprendre et l’analyser toute seule. En attendant, je ne recommande pas Ulysses aux gens impatients ou au bord de la panne de lecture. Bien évidemment, si vous débutez dans la lecture en anglais, n’allez pas vous aventurer sur ce chemin ou vous perdrez toute confiance en vous. J’ai lu quelques livres en anglais maintenant, mais au début de Ulysses, je me suis sentie complètement perdue, comme si en réalité mon anglais était nul à chier (pardonnez l’expression). Si vous êtes confiants en votre niveau, allez-y mais il faut quand même avoir quelques notions de la littérature britannique et de la culture irlandaise, et bien évidemment connaître un peu L’Odyssée d’Homère sur laquelle le schéma du livre est basé. Avec mes maigres connaissances sur l’Irlande et la vie de Shakespeare notamment, j’ai pu comprendre des blagues et des discussions que je n’aurais jamais pu comprendre autrement.

“You find my word dark. Darkness is in our souls, do you not think? Flutier. Our souls, shamewounded by our sins, cling to us yet more, a woman to her lover clinging, the more the more.”

J’espère avoir quand même réussi à dédiaboliser l’oeuvre de James Joyce. Franchement, une fois que l’on est lancé dedans, que l’on a trouvé une petite aide pour mieux comprendre ce qu’il se passe et que l’on lâche prise, ce n’est que du bonheur ! Et quelle fierté d’en être venue à bout !

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3 thoughts on “Ulysses, de James Joyce

  1. J’ai jamais été très attirée par ce livre… Mais peut être un jour cela changera ! C’est des passages que tu as aimés tous les petits marques pages ?

    1. Non, en fait, c’est les chapitres. Il ne sont pas numérotés et j’avais besoin de savoir lequel était lequel quand je regardais les résumés et analyses de chaque chapitre, donc ça allait beaucoup plus vite! 🙂
      Honnêtement, si j’avais mis un post-it à chaque passage que j’ai aimé, je pense que j’aurais fait le chiffre d’affaire de Post-It de l’année haha!

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