La vérité sur l’affaire Harry Quebert, de Joël Dicker

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« Et je m’étais dit qu’une étoile filante, c’était une étoile qui pouvait être belle mais qui avait peur de briller et s’enfuyait le plus loin possible. Un peu comme moi. »

Marcus est un jeune écrivain dont le dernier roman en date a été un vrai succès. Maintenant qu’il doit écrire un second ouvrage, il bloque. Entre les insistances de son éditeur et sa peur d’être incapable de faire aussi bien que le précédent, Marcus cherche à tout prix l’inspiration sans jamais la trouver. Un jour, il apprend que son ancien professeur et ami, le célèbre écrivain Harry Quebert a été arrêté parce qu’un cadavre a été retrouvé dans son jardin. Ce cadavre est celui d’une jeune fille de quinze ans, Nola, portée disparue depuis 1975. Quelques semaines plus tôt, Harry avait confié à Marcus qu’il avait vécu une histoire d’amour avec Nola avant qu’elle ne disparaisse. Marcus va alors tout mettre en œuvre pour prouver l’innocence de son vieil ami.

J’avais vu Joël Dicker sur le plateau d’On n’est pas couché, pour la sortie de son roman Le livre des Baltimore. Je l’avais trouvé assez intéressant, et surtout les avis dithyrambiques des chroniqueurs à son sujet avaient aiguisé ma curiosité. Et l’autre jour, comme ça, en passant dans ma librairie, j’y ai repensé et sans vraiment réfléchir, j’ai pris La vérité sur l’affaire Harry Quebert.

Je n’aime pas vraiment les polars, thrillers et compagnie. Je ne saurais pas vraiment expliquer pourquoi, mais le genre ne m’emballe juste pas vraiment. On ne peut pas tout aimer, pas vrai ? Bref, tout ça pour dire que ce livre m’a fait oublier mes préjugés concernant le genre. Je ne sais pas comment il est arrivé à ça, mais Joël Dicker m’a envoûtée. Je lisais jusque tard la nuit parce qu’il fallait que j’en sache plus ! Surtout que presque tous les chapitres se terminent en une sorte de petit cliffhanger… Le style en lui-même est pourtant assez banal, l’intrigue est intéressante mais pas de quoi tomber à la renverse non plus… mais alors qu’est-ce qui rend ce livre si addictif ?

Et bien, de mon point de vue, ce sont les personnages. Ils sont tous énervants à souhait, et en même temps, tous très attachants. Ils sont tous humains en somme, et donc très crédibles. Le personnage qui m’a le plus touchée est celui de Harry, même s’il a de nombreux défauts, il n’en reste pas moins un personnage fascinant ! Et puis la mère de Marcus est exquise. C’est le comic relief de l’histoire et ça se voit parce que c’est une grosse caricature de la mère juive, mais qu’est-ce qu’elle m’a fait rire :

« – Fais-tu de l’homosexualité avec lui ?

– J’aime les femmes, Maman.

– Les femmes ? Comment ça, les femmes ? Contente-toi d’en aimer une seule et de l’épouser veux-tu ! »

J’ai dit que le style était assez banal, mais cela ne veut pas dire qu’il n’est pas bon. Loin de là ! Et surtout, l’écriture est maîtrisée parfaitement. L’auteur superpose des points de vue et réécrit presque plusieurs fois une même scène sans aucune lourdeur ou confusion. La lecture est tellement agréable et fluide, c’est fou !

Ce que j’ai aimé aussi, c’est que j’ai trouvé une certaine réflexion sur la façon dont l’opinion publique réagit face aux affaires médiatiques de meurtres. En général, la présomption d’innocence n’existe pas et personne ne cherche vraiment à comprendre le pourquoi du comment mais juste à condamner. Certains vont d’ailleurs trouvé l’histoire entre Nola et Harry dégoûtante de par leur grande différence d’âge et le fait qu’elle était encore mineure. Personnellement, peut-être que je n’ai pas d’âme et que j’irais brûler dans les limbes de l’enfer, mais je pense qu’une jeune fille de quinze ans peut tomber amoureuse d’un homme plus vieux, et que cet homme peut lui aussi aimer cette fille sans aucune arrière-pensée malsaine. Après, je ne vous cache pas que quinze ans, c’est quand même très jeune… Mais, je ne sais pas… Pourquoi pas. Je me doute que c’est très grave de dire ça, et je n’encourage en aucun cas ce genre de comportements parce que la plupart du temps, bien évidemment, il y a quelque chose de malsain dans tout ça. Mais la relation d’Harry et Nola est décrite avec tellement de douceur et de sincérité qu’il n’y a pas vraiment de moments gênants. Surtout que Harry lui-même est tout à fait conscient des problèmes que ses sentiments engendrent et qu’ils essayent à plusieurs reprises de les ignorer.

★★★★☆

En fait, La vérité sur l’affaire Harry Quebert n’est ni plus ni moins qu’une réflexion sur l’écriture sur fond d’enquête policière. Marcus, le narrateur, est en pleine page blanche, et chaque chapitre commence avec des conseils sur l’écriture que Harry a donné à Marcus lorsqu’il était encore étudiant. C’est un livre passionnant qui parlera à tous les fans de polars et à ceux de l’écriture et du monde du livre, car on y découvre un peu les dessous de cette industrie. C’est aussi un roman qui vous fera voyager en Amérique du Nord, sur les côtes de la Nouvelle-Angleterre. Je le recommande donc vivement à tout le monde ! J’ai bien dit TOUT LE MONDE !

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2 thoughts on “La vérité sur l’affaire Harry Quebert, de Joël Dicker

  1. J’aime beaucoup ce genre littéraire et ça fait un moment que je veux découvrir ce livre pour lequel je ne vois principalement que de bons avis. Ta chronique m’a donné encore plus envie de me le procurer et découvrir ces personnages et le style de l’auteur que je pense apprécier.

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