Le dernier jour d’un condamné, de Victor Hugo

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“Encore six heures et je serai mort. Est-il bien vrai que je serai mort avant la fin du jour ?” Bientôt sa tête roulera dans la sciure. Jugé, emprisonné, enchaîné, il attend dans l’épouvante. “J’ai peur” – et notre peur grandit avec la sienne. L’aumônier viendra, puis les assistants du bourreau. Il montera dans la charrette, traversera la foule hideuse. Au bout de la marche au supplice, l’apparition de la guillotine. On dit qu’on ne souffre pas, que c’est une fin douce, mais qui le sait ?

Avec lui, nous vivons ce cauchemar, cette absurdité horrifiante de la peine capitale que personne avant Victor Hugo n’avait songé à dénoncer.

« Cependant j’ai une maladie, une maladie mortelle, une maladie faite de la main des hommes. »

J’avais une peur bleue de lire du Victor Hugo. C’est peut-être (assurément) une peur complètement irrationnelle mais Victor, c’est un peu le papa tu vois. Il en impose, comme Dickens outre-manche (dont j’avais très peur à la base aussi). C’est évident que ce n’est pas le genre de textes que je vais lire quand j’ai du mal à mettre mon cerveau en marche, mais wow. C’est beau ! Et c’est assez génial, aussi. Dans le style, dans la façon de traiter le sujet de la justice française de l’époque. Rien que d’y penser, j’en ai des frissons partout.

La peine de mort est probablement le sujet le plus malaisant qu’il soit, mais il est très important de l’aborder. Bien évidemment, Victor Hugo n’est pas pour et il sait sortir les bons arguments et de la meilleure façon qu’il soit. Ce qui m’a absolument achevée c’est que donc le livre est écrit sous forme de journal que tient le condamné et que le lecteur est au plus proche de lui, par conséquent. Pourtant, on ne sait pas tant de choses que ça de lui et surtout, on ignore ce qu’il a fait exactement pour être condamné à mort et vraiment, c’est ça qui est génial. Après bien sûr, le fait que le détenu soit un père de famille, issu d’une famille assez riche et qu’il soit bien éduqué a forcément du déclencher de la sympathie chez les lecteurs de l’époque. Et de ceux d’aujourd’hui aussi, j’imagine. Surtout la partie « père de famille aimant »… Franchement, j’ai versé de grosses larmes quand il raconte la visite de sa petite fille.

★★★★★

Est-ce que l’argumentation est convaincante ? Ça, ça dépend du point de vue bien évidemment. En tous cas, c’est un livre qui fait réfléchir et qui renseigne beaucoup sur les conditions de vie des prisonniers du XIXe siècle, avec les bagnards entre autres. A lire, donc !

« J’aimerais à recomposer un tout de ces fragments de pensée, épars sur la dalle ; à retrouver chaque homme sous chaque nom ; à rendre le sens et la vie à ces inscriptions mutilées, à ces phrases démembrées, à ces mots tronqués, corps sans tête comme ceux qui les ont écrits. »

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