Maus, d’Art Spiegelman

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Maus peut être qualifié de non-fiction : C’est l’histoire de l’auteur, Art Spiegelman, qui demande à son père, rescapé d’Auschwitz, de lui raconter son histoire du début de la guerre, jusqu’à la fin,  pour en faire une bande dessinée. C’est donc deux histoires en une, où des juifs aux têtes de souris sont pourchassés par ces chats d’allemands.

Je dois être inscrite à la médiathèque de mon village depuis un peu plus d’un an, et chaque fois que je m’y rends, je passe devant le rayon BD où trône fièrement Maus. Cette couverture inquiétante m’intrigue depuis le début, mais je n’ai jamais osé l’emprunter parce que la Seconde Guerre mondiale racontée en BD… J’étais assez sceptique. Je me suis finalement décidée à sauter le pas afin de vérifier une bonne fois pour toute si j’avais raison d’avoir des doutes. Et je dois bien avouer que de façon tout à fait non-surprenante, j’avais tort.

Il est vrai qu’il existe tout un tas de témoignages, plus ou moins fictifs, sur cette sombre période de l’histoire. Peut-être que l’intérêt que je porte à cette époque est morbide, mais j’ai besoin de comprendre le pourquoi du comment de ces évènements-là.

Mais Maus diffère de beaucoup de témoignages que j’ai pu lire jusqu’à présent parce que le survivant du camp, Vladek, le père de l’auteur, n’est pas vraiment porté en héros. C’est ‘juste’ une personne normale qui a vécu des choses atroces. Et c’est ce qui rend cette BD formidable : elle est vraie et sincère.

Evidemment, l’acharnement avec lequel Vladek affronte les épreuves pour sauver la vie de ses proches ainsi que la sienne force le respect, mais ce n’est pas un héros au sens mythologique. Pendant les passages qui se passent dans les années 70-80, je pensais à ma grand-mère : un caractère de ‘cochon’ et souvent en complète contradiction avec ce qu’elle a défendu toute sa vie. Elle aussi, elle sait vraiment bien raconter les histoires et se perd des fois dans des détails dont… bon… je me fiche éperdument. Peut-être que c’est pour ça que ce livre m’a autant touchée, peut-être que certains aspects des personnages me semblaient familiers !

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Outre sa valeur de témoignage historique inestimable, Maus, nous en apprend aussi plus sur le travail de la mémoire et sur les difficultés à recueillir un témoignage. Je trouve que l’histoire, les souvenirs et la mémoire sont des sujets fascinants ! Je me rappelle encore de mes cours de philo de terminale sur le sujet, alors que justement, la mémoire est quelque chose dont je manque cruellement. J’ai trouvé ça ingénieux et intéressant d’emmener le lecteur dans les détails de l’élaboration de ce livre, en plus d’en savoir plus sur les coulisses, cela permettait de souffler un peu et de penser à des choses plus légères, merci !

Mais à être témoin d’autant d’intimité, j’étais parfois mal à l’aise… Je ne connaissais pas du tout Art Spiegelman avant ça, mais en plus de nous livrer des vérités sur sa vie, son malheur, etc., il le fait d’une façon tellement honnête et transparente, que j’avais l’impression d’appartenir à cette famille.


Mon petit cœur a vraiment été éprouvé, mais c’est ça que j’aime dans les lectures : les émotions fortes qu’elles procurent parfois ! Voilà, en tous cas, une histoire qui n’est pas prête de me lâcher.

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