Calvary (2014), de John Michael McDonagh

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Dans un petit village irlandais, un homme se confesse auprès de son prêtre : il a été abusé sexuellement par un prêtre quand il était enfant. Pour avoir sa revanche, l’homme annonce au prêtre qu’il le tuera le dimanche suivant. Tout au long de cette semaine, le prêtre va tenter d’apporter un peu d’aide à ses fidèles et à mettre de l’ordre dans sa vie.

★★★★

Formidable est le premier mot qui m’est venu à l’esprit après avoir regardé ce film. Contrairement à ce que le synopsis pourrait laisser penser, ce n’est pas vraiment un thriller mais plutôt le portrait d’une Irlande contemporaine face à une Eglise vieillissante. C’est aussi un film qui fait réfléchir sur le suicide et le pardon, deux thèmes intemporels mais qui méritent qu’on leur porte toute notre attention. D’ailleurs, ce bout de conversation m’a particulièrement marquée, et je l’aime beaucoup :

Père James : I think there’s too much talk about sins and not enough about virtues.

Fiona (sa fille) : What would be your number one?

Père James : I think forgiveness has been highly underrated.

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On passe plus d’1h30 à suivre un prêtre dans Calvary, mais jamais, je n’ai eu l’impression d’avoir à faire à un film religieux. On ne la dénigre pas, et on n’en fait pas l’apologie non plus. La chose qui est défendue, directement en rapport avec l’église, ici, c’est que tous les prêtres ne sont pas des ordures pédophiles. Un point de vue difficilement condamnable, non ? Et je dois dire que je me suis moi-même dégoûtée à un moment du film où le père James parle avec une petite fille seule sur le bord de la route : je me suis sentie mal à l’aise, comme si un prêtre et un enfant seuls, c’était contre-nature (merci La Mauvaise Education…).

Brendan Gleeson est M.A.G.I.Q.U.E. Je l’aimais déjà beaucoup avant, mais après ce film, j’ai envie de monter un fan club. Son personnage est un homme qui est rentré dans les ordres après avoir perdu sa femme. Sa fille revient le voir après une tentative de suicide. Il ne lui dira jamais qu’il est menacé de mort, à aucun moment. Il n’en parlera d’ailleurs qu’à son évêque qui s’en balance un peu. Mais Gleeson apporte au personnage ce côté force tranquille qui, finalement, est toujours au bord de péter un plomb. Malgré tout, il reste un homme de bien et s’efforce d’apporter du positif à tous ses voisins et fidèles.

Je n’irai pas jusqu’à qualifier ce film de comédie, mais certains passages sont drôles. Notamment, celui où un soir le père James rentre plus qu’éméché du pub et lance ses quatre vérités à l’autre prêtre de la paroisse, ce qui donne lieu à cette image qui m’a littéralement fait éclater de rire :

Dans le contexte, je vous assure que c'est hilarant (même si j'ai un humour de merde).
Dans le contexte, je vous assure que c’est hilarant (même si j’ai un humour de merde).

En résumé, Calvary est un film que je conseille ABSOLUMENT, même si vous n’êtes pas très religion ou quoi que ce soit (moi non plus, et j’ai eu un véritable coup de coeur pour ce film !). Si vous êtes croyant aussi, d’ailleurs. Et regardez-le en VO, svp. Les différents accents irlandais sont une merveille pour l’oreille (mais les sous-titres sont de mises surtout quand PETYR BAELISH [Aidan Gillen de son vrai nom, c’est juste que dans ce film il est tellement Little Fingeresque que je ne peux pas l’appeler autrement] parle. J’ai regardé sans sous-titre, et il a fallu que je m’accroche à certains moments). Et puis, les paysages magnifiques à la base sont sublimés par la photographie. COUP DE COEUR COUP DE COEUR !

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