Jane Eyre, Charlotte Brontë

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Présenté sous forme de mémoire, Jane Eyre raconte l’histoire d’une jeune fille du même nom qui, orpheline, se fait recueillir très jeune par sa riche tante qui la déteste et qui l’envoie dans une institution de charité dirigée par un sinistre pasteur. Dans cette école, Jane va devenir très amie avec Helen Burns, une élève de quelques années son aînée qui est dévote et très intelligente. Malheureusement, Helen mourra quelque temps plus tard dans les bras de Jane. A dix-huit ans, Jane sort du pensionnat et se rend au manoir de Thornfield pour être la gouvernante de la jeune Adèle Varens, pupille du riche Mr Rochester. Ce dernier et Jane vont alors s’éprendre l’un de l’autre mais cette romance pourrait être menacée par quelque chose de bien plus grave que la différence d’âge et de rang… (Je n’en dis pas plus ici, mais plus tard, je parlerai plus en détail de l’intrigue donc une SPOILER ALERT est de rigueur, j’imagine.)

★★★★

AH. JANE EYRE. Il y a quelques semaines, j’ai eu pour projet de me faire la filmographie de Michael Fassbender dans son intégralité. J’ai donc regardé l’adaptation de Jane Eyre de Cary Fukunaga (2011), en sachant que je n’avais jamais lu le livre, ni vu aucune autre des adaptations ; je connaissais de l’histoire son nom et le nom de son auteure, et, étrangement, j’étais persuadée que je ne l’aimerais pas. Et puis, les histoires d’amour et moi, en ce moment, c’est compliqué. Mais Michael Fassbender oblige, je me suis lancée dans la vision de ce film. Film qui dura deux heures pendant lesquelles, je suis restée clouée à ma télé. Littéralement. Bien que le film n’ait rien de bouleversant en lui-même, même s’il est très bon, l’histoire, elle, m’a scotchée sur place. Elle m’a hantée et je ne pouvais plus m’empêcher d’y penser, il FALLAIT que j’en connaisse les moindres détails.

J’ai dévoré la moindre ligne, le moindre mot de ce livre. A aucun moment, je ne me suis ennuyée. A vrai dire, je me réveillai la nuit en pensant “Il faut que je sache ce qui se passe ensuite !”, du coup, pendant les quelques jours qu’ont duré ma lecture, j’avais vraiment une tête de zombie. Mais quelle importance ? Je n’avais jamais ressenti ça devant une histoire, et jamais un livre ne m’avait AUTANT plu (et pourtant, j’en aime beaucoup, des livres !). A côté de Jane Eyre, je dois bien dire que L’écume des jours et Harry Potter ont l’air tout petits…

Je suis consciente des défauts de ce roman, mais même eux, je les aime. Tout d’abord, cette espèce de haine du français. Bon, ce n’est pas très agréable, évidemment. Mais je m’en fiche pas mal, je suis française mais je pense pouvoir affirmer que je n’ai rien à voir avec une Varens ! Ensuite, la foi revient très souvent au long de l’histoire. Mais le rapport que Jane a avec la religion ne me dérange pas, je le trouve sain. Si, par contre, elle s’était transformée en Saint-John à tresses longues, je dois dire que j’aurais été moins enthousiaste ! Tiens parlons-en, de ce Saint-John : la partie qui se déroule à Moor House était un peu moins intéressante que le reste du roman, parce que moins intense je dirais, mais ce n’est pas pour ça que je l’ai moins aimé, cela dit. C’est en effet une étape cruciale dans la vie de Jane car elle y devient autonome et apprend énormément. Le problème de cette partie (que, j’insiste, j’ai quand même absolument adorée) est pour moi Saint-John pour lequel je n’ai développé aucune, mais vraiment aucune sympathie. Cependant, ce personnage a une volonté incroyable et est, comme tous les autres personnages d’ailleurs, incroyablement bien travaillé ! Du coup, même si je n’aimais pas ce personnage, une certaine partie de moi ne pouvait s’empêcher de l’admirer. Ce qui m’a titillé également, c’est le peu de considération qui est apporté à Berthe. Mais cette incompréhension est due à la différence des époques je pense. En 1847, Freud n’était même pas né, et la psychologie, ça leur passait un peu au-dessus. La maladie mentale de Berthe serait intéressante à analyser pour un lecteur de notre époque, mais nous n’avons pas vraiment de détails dans le roman, donc on se contente d’accepter qu’elle souffre de “démence”.

Mais alors, pourquoi ai-je AUTANT aimer ce livre ? Et bien tout d’abord, parce que le style de Charlotte Brontë est, à mon sens, merveilleux. Ses descriptions des lieux, des tenues et des visages et tout bonnement exquise et jamais lourde (et pourtant, je ne suis pas une fifolle des descriptions à la base). Jane Eyre n’est pas un roman d’action, bien au contraire, mais l’on ne s’ennuie jamais durant cette lecture. Et puis, Jane, elle-même est passionnante. Cette volonté de fer, cette incroyable conscience des choses et ce don d’observation ! Une féministe avant l’heure, dont les principes ne sont pas si datés que ça, au final… Je crois qu’elle est réellement devenue mon ‘role-model’ et quand je serai grande, je veux être une Jane Eyre moderne. Voilà, c’est dit. C’est quand même insensé d’être capable de délaisser son grand amour pour être fidèle à ses principes, non ? Enfin, ce n’est pas fou mais cela témoigne d’une force de caractère dont peu de gens sont capables. Jamais je n’avais autant aimé un personnage, tout chez elle, me plaît. Et je trouve, à ce propos, que les adaptations télévisuelles ou cinématographiques ne lui rendent jamais justice. JANE EYRE IS BADASS AND SASSY LADIES AND GENTLEMEN, merde alors. C’est la meilleure, c’est tout *croise les bras et prend un air renfrogné d’enfant de quatre ans*.

Et puis Mr. Rochester… C’est lui, la jeune fille en fleur dans ce roman. Ses longues tirades pleines d’excès me fascinent et je pourrais passer ma vie à les écouter (les lire, en l’occurrence, mais passons !). Certes, il n’est pas très réglo avec Jane, mais ce n’est qu’un homme après tout, on ne va pas trop lui en demander. Je rigole, EVIDEMMENT. Mais en même temps, je ne trouve pas ses actes incompréhensibles du tout. Imaginez-vous : pour se débarrasser de vous, votre père et votre frère vous choisissent une femme que vous n’avez jamais vue, qui habite à l’autre bout du monde et avec laquelle vous ne vous entendez pas du tout. Petit à petit, votre femme sombre dans la folie, vous la ramenez chez vous et puis vous rencontrez l’amour de votre vie ; que faîtes-vous ? D’accord, d’accord, enfermer sa femme et essayer d’être bigame sans l’accord de personne n’est sûrement pas la solution la plus adaptée à ce problème MAIS quand on s’appelle Edouard Fairfax Rochester, qu’on est fougueux et passionné, j’arrive à comprendre. Je n’accepte pas, mais je comprends, oui, parfaitement.

héhéhéhé
héhéhéhé, salut toi.

J’ai depuis re-regardé le Jane Eyre de 2011, et commencé l’adaptation de la BBC de 2006. J’ai beaucoup de mal avec la dernière, bien qu’elle soit beaucoup plus fidèle à l’oeuvre originale. Mais disons que le film de Fukunaga, en tant qu’objet cinématographique, vaut plus le détour. Et puis Fassbender en Rochester, bien que trop beau, est parfait. J’essaye vraiment de lui trouver des défauts, mais il incarne toujours ses personnages à la perfection le bougre, je n’y peux rien !

Finalement, tout ce blabla pour en arriver à une conclusion : je suis tombée amoureuse. Amoureuse d’une histoire, c’est fou comme concept, non ? Et pourtant, je crois bien que c’est vrai. Je n’arrête pas d’y penser, je pourrais en parler pendant des heures, et, quand j’ai l’occasion d’en discuter, je m’illumine.

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7 thoughts on “Jane Eyre, Charlotte Brontë

  1. C’est fou, j’ai détesté ce livre. Trop long, trop languissant, tellement que je ne l’ai pas fini. Jane Eyre m’a énervée en même temps qu’elle m’a profondément ennuyée… Après, j’ai du lire ce lire en L1 donc ça fait longtemps, peut être que maintenant ça changerait. En tout cas je crois que j’ai vendu le livre à Gibert, donc il me faudrait investir dans un autre volume.

    Si tu veux en savoir plus sur la première femme de Rochester il y a le livre Wide Sargasso Sea qui est entièrement centré sur elle il me semble !

    1. VRAIMENT ?! C’est fou, oui ! J’avais peur de le trouver trop long, aussi, et puis finalement, je l’ai trouvé trop court. Haha ! Peut-être que tu as changé d’avis oui. Je suis sûre qu’il y a plein de livres comme ça, à côté desquels on passe parce qu’on les lit à des mauvais moments de notre vie.

      J’ai lu le résumé de ce livre et je crois que je ne suis pas prête à voir mon Rochester traîné dans la boue… Même si, le livre a l’air vraiment pas mal.

      1. Ton Rochester trainé dans la boue ? Haha, je n’en ai pas une opinion aussi haute personnellement 😉
        J’ai aussi vu la plupart des adaptations de Jane Eyre pour les cours, et c’est ennuyeux aussi. Autant les Jane Austen sont super banals (on peut pas dire qu’il y ait énormément de péripéties dans ces livres) autant ce Brontë était insipide. Mais oui, il faudrait que je le relise…

      2. C’est sûr que Jane Austen, c’est quand même un peu plus léger que du Brontë (quoi que je n’ai pas lu Anne, alors peut-être qu’elle écrit sur un ton léger et que ses livres sont très drôles… mais je n’y crois pas beaucoup aha!)

        Les adaptations ne valent pas le livre (est-ce que quelqu’un a jamais dit ça, de toute façon ?), et puis, ce qui est intéressant dans Jane Eyre, c’est toute la réflexion qu’il y a derrière aussi… C’est pour ça que ça m’étonne que tu n’aimes pas ! Parce que quand elle te sort des trucs du genre : “Arrêtons de croire que les femmes sont plus sages que les hommes, elles sont exactement pareilles sauf qu’on les oblige à tricoter et à cuisiner”, je trouve ça génial, et ça me donne envie de faire des bisous à mon livre ! haha

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